Bourreau (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XIV e siècle. Dérivé de bourrer, au sens ancien de « maltraiter ».
1. Exécuteur des peines corporelles prononcées par les cours de justice, et, spécialement, de la peine de mort, sous ses diverses formes (on dit aussi, dans ce cas, Exécuteur de hautes œuvres). Mettre quelqu'un entre les mains du . Le lui a passé la corde au cou. La hache du . Le condamné reçut le fouet de la main du . Anciennt. Celui qui mettait à la question les prévenus. Après 1792, celui qui dressait et faisait fonctionner la guillotine. Le et les aides-bourreaux. « Encore un instant, monsieur le », mot de M me du Barry au moment de son exécution.
2. Par anal. Toute personne qui abuse de sa force ou de son autorité pour faire subir à autrui une torture physique ou morale. Un domestique. Un d'enfants. Par exag. ou iron. Vous êtes mon , vous êtes exigeant, ou cruel, avec moi.
3. Expr. fig. Un de travail, une personne qui abat beaucoup de besogne. Être le de soi-même, ne ménager ni sa santé ni ses forces et, par ext., se tourmenter sans raison. Un des cœurs, un homme qui a beaucoup de succès auprès des femmes et qui les fait souffrir.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Celui qui exécute les arrêts rendus par les Cours criminelles et qui condamnent à quelque peine corporelle. "Mourir par la main du . Mettre quelqu'un entre les mains du , le livrer au . Il fut marqué par la main du ." En France il désigne aujourd'hui Celui qui est chargé de décapiter les condamnés à mort. On dit plutôt dans ce sens l'Exécuteur des hautes oeuvres.
Il se dit figurément d'un Homme cruel, inhumain. "C'est un vrai ."
Fig. et fam., "C'est un d'argent, un vrai d'argent," C'est un homme excessivement prodigue, un grand dissipateur.
Fig., "Être le de soi-même, être son propre ," Ne ménager ni sa santé ni ses forces et, par extension, Se tourmenter soi-même sans raison.
Il est aussi un terme de reproche, une expression d'humeur et d'impatience. "Eh bien, , l'expliqueras-tu?"



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au . Livre brûlé par le .
CORN.: « Faisant passer Photin par les mains d'un »
CORN.: « Va ! je suis ta partie et non pas ton »
CORN.: « Je craignais beaucoup moins tes x que ses larmes »
BOSSUET: « On les bat de verges par la main de x »
PASC.: « Fouetté par la main du »
    Valet de , homme qui aide le dans les exécutions.
    Insolent comme un valet de , odieusement insolent.

 2   Par extension, meurtrier.
CORN.: « Et toi-même des tiens devenu le »
CORN.: « De deux princes ses fils elle fait ses x »
RAC.: « Toi-même de ton sang devenir le »
RAC.: « Il veut.... Qu'au lieu de votre époux je sois votre »
    Fig. Le remords sera son .
D'ABLANCOURT: « Le vice est lui-même son cruel »
LEMAÎTRE: « En quelque lieu que se trouve un parricide, il y rencontre un accusateur, un juge et un »
VAUGEL.: « Les envieux sont eux-mêmes leurs x »
PATRU.: « Il est lui-même son impitoyable »

 3   Familièrement. Être le de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure.
SAINT-SIMON: « Un amiral était sa bête [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son »
    Être le de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé.

 4   Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il maltraite son cheval ; c'est un vrai .

 5   Un d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense.

 6   Terme de reproche, expression d'humeur, d'impatience.
HAMILT.: « Te tairas-tu, ! Donne-le donc, , lui dis-je »
MOL.: « Oh ! le double , qui me va tout gâter »
J. J. ROUSS.: « Mes x de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts »

 7   Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant.

 8   Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

SYNONYME
    BOURREAU, EXÉCUTEUR DES HAUTES OEUVRES. Dans le langage légal d'aujourd'hui, on ne dit qu'exécuteur des hautes oeuvres. Bourreau est le terme général pour tous les temps et tous les pays.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz »
    XVème siècle
FROISS.: « Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste »
BASSELIN: « De la soif je nomme l'eau Le Qui la fait mourir martyre »

ÉTYMOLOGIE
    Bourguig. borea ; wallon, boie ; provenç. borel ; pays de Coire, bojer ; provenç. mod. boyou ; anc. espagn. borrero ; espagn. mod. boya, et boucher ; ital. boja. Ménage supposait que venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en ; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe er-ell (qui se trouve en effet : mât-er-eau, de mât), peut venir de boie, qui est le nom du en wallon, en espagnol et en italien (boie-er-el, d'où bourrel) ; du latin boia ou boja, carcan ; d'où l'ancien français buie, chaîne. D'autre part, on a dit que venait de Borel, seigneur de Bellecombe, en 1261, à la charge de pendre les voleurs du canton.
ORDERIC VITAL: « Il est certain que plusieurs fiefs ont été possédés à charge de fournir au suzerain un pend-larron ; il est certain aussi que Borel est un nom propre ou plutôt un surnom très ancien (on le trouve dès la fin du XIe siècle : Ernegisus filius Borel »
BOUQ.: « Odo cognomento Borel Malheureusement, les annalistes ne nous disent pas ce que signifie ce surnom ; s'il signifiait , ce qui est vraisemblable (ce surnom a pu être donné à un seigneur rigoureux justicier), serait beaucoup plus ancien que ne l'indiquent nos textes, et la dérivation n'en pourrait pas être cherchée dans un nom propre ; au contraire, le nom propre en dériverait. On a aussi songé à l'ancien français bourrel, tas de bourre, d'où les sens de remplir de bourre, tasser, et battre pour tasser ; mais l'historique, ni dans , ni dans bourre, ni dans bourrel, ne fournit les transitions qui autoriseraient cette étymologie. »

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. BOURREAU (bou-rô), s. m. Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

ÉTYMOLOGIE
    Bourre ; a ici le sens de bourrelet.
    Effacez le n° 8 de BOURREAU.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Exécuteur des hautes oeuvres, des arrêts rendus en matière criminelle. Ce terme n'est pas employé dans la loi pénale actuelle. "Mourir par la main du . Mettre quelqu'un entre les mains du , le livrer au . Il fut marque par la main du . Valet du , de :" voyez VALET.
Fig., "Le remords est un cruel ," Les remords tourmentent cruellement ceux qui se sentent coupables.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit figurément d'Un homme cruel, inhumain. "C'est un vrai ."
Fig. et fam., "C'est un d'argent, un vrai d'argent," C'est un homme excessivement prodigue, un grand dissipateur.
Fig., "Être le de soi-même," Ne ménager ni sa santé ni ses forces.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi Un terme de reproche, une expression d'humeur et d'impatience. "Eh bien, , t'expliqueras-tu?"



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Exécuteur de la haute Justice. "Mourir par la main du Bourreau. Mettre ou livrer un criminel entre les mains du Bourreau. Le valet du Bourreau".
On dit d'Un homme qui se fait payer d'avance, qu'"Il se fait payer enbourreau;" et figurément, que "Le remords de la conscience est un cruel ," pour dire, que Les remords de la conscience tourmentent cruellement ceux qui se sentent coupables.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Bourreau, signifie figurém. Cruel, inhumain. "C'est un vrai ".
On dit aussi d'Un grand dissipateur, que "C'est un d'argent, un vrai d'argent".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Exécuteur de la haute Justice. "Mourir par la main du Bourreau. Mettre ou livrer un criminel entre les mains du Bourreau. Le valet du Bourreau."
On dit d'Un homme qui se fait payer d'avance, qu'"Il se fait payer en ." Et figurément, que "Le remords de la conscience est un cruel ," pour dire, que Les remords de la conscience tourmentent cruellement ceux qui se sentent coupables.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie figurément Cruel, inhumain. "C'est un vrai ."
On dit aussi d'Un grand dissipateur, que "C'est un d'argent, un vrai d'argent."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Bou-ro:" "r" f. 2° dout. au singulier, longue au pluriel, "Bourreaux".] Au propre, l' Exécuteur de la Haute-Justice.
- Au figuré, cruel, inhumain, qui tourmente les aûtres: c'est "le de" toute sa famille. 'Je vivrai au milieu des remords; les ennuis seront mes compagnons et "mes x". Jér. Dél.
- On dit proverbialement, " d'argent"; prodigue, dissipateur.
- Il "se fait payer en ", c. à. d., d'avance.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Executeur de la haute justice. "Mourir par la main d'un . mettre", ou "livrer le criminel entre les mains du . valet du ".
On dit fig. que "Le remords de la conscience est un cruel ," pour dire, Que la conscience tourmente cruellement.
On dit qu'"Un homme se fait payer en ," quand il se fait payer d'avance.
Il signifie fig. Cruel, inhumain; comme, "C'est un vray ". Et en ce sens il a un feminin. "Cette femme est une vraye bourrelle". Il est bas.




Emplacement dans le dictionnaire :

bourle
bourlinguer
bourrage
bourras
bourrasque
bourré
boûrre
bourre
bourre-noix

bourrée
bourrel
boûrrelé
bourrelé
bourreler
boûrreler
bourrer
bourrette
bourrier
bourrin
bourrir




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Joris-Karl HUYSMANS (À rebours)

...de losanges en lazuli, filaient tout le long des coupoles où, sur des marqueteries de nacre, rampaient des lueurs d'arc-en-ciel, des feux de prisme. Le meurtre était accompli ; maintenant le bourreau se tenait impassible, les mains sur le pommeau de sa longue épée, tachée de sang. Le chef décapité du saint s'était élevé du plat posé sur les dalles et il regardait, livide, la bouche décolorée,...


Citation n°2 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...indomptable malfaiteur. Quand arrive le magistrat coiffé de sa toque et drapé dans son jupon noir, guignol l'abat sans pitié, du revers de son rondin, et lui scie le cou sur le rebord du théâtre. Le bourreau lui-même et le diable en personne ne peuvent venir à bout du forcené. Il pend le bourreau à sa propre potence, étrangle le diable avec sa propre fourche. Et toutes ces abominations, guignol les...


Citation n°3 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...noir, guignol l'abat sans pitié, du revers de son rondin, et lui scie le cou sur le rebord du théâtre. Le bourreau lui-même et le diable en personne ne peuvent venir à bout du forcené. Il pend le bourreau à sa propre potence, étrangle le diable avec sa propre fourche. Et toutes ces abominations, guignol les commet au milieu des éclats d'une effrayante allégresse, en s'ébrouant, en secouant ses...


Citation n°4 de François COPPÉE (La Bonne souffrance)

...de préférence sa passion et sa mort, et que j'ai vus-en une heure inoubliable-rangés devant l'autel dans l'attitude des victimes, prêts pour la croix et offrant leurs mains ouvertes aux clous du bourreau et leur flanc à la lance du légionnaire. au-dessus du nuage 28 octobre 1897 il y a de cela pas mal d'années, dans le cours d'un mois de janvier exceptionnellement brumeux, je dus passer une semaine à...


Citation n°5 de Georges SOREL (Réflexions sur la violence)

...supposer que l'on abolirait la malencontreuse loi de 1848, qui a supprimé la peine de mort en matière politique. Grâce à cette réforme, on pourrait voir de nouveau l'état triompher par la main du bourreau. Les violences prolétariennes n'ont aucun rapport avec ces proscriptions ; elles sont purement et simplement des actes de guerre, elles ont la valeur de démonstrations militaires et servent...


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